LA NARRATION EN RÉALITÉ AUGMENTÉE - Part 3

L’écriture

Enfin on y arrive !! Nous allons d’abord exposer les éléments et les idées générales sur l’écriture en AR puis les évoquer dans des cas concrets de genres, de lieux ou de conditions dictées par un commanditaire.


Comment commencer ?

Ici encore, je dirais que la technique ne change pas ou peu. Rien ne vaut un bon petit synopsis pour se donner une idée de l’histoire que l’on veut développer.





Doit-on écrire un séquencier ? Un scénario directement et comment ??

Le choix du séquencier et/ou du scénario dépend de la charge de travail, de la durée de l’expérience ou si elle est développée en série, en expérience unique, etc. Je pense que le séquencier est un excellent outil de travail quand on commence un projet narratif, ce qui vaut pour la Réalité Augmentée.

Nous voici en possession d’un séquencier qui expose notre histoire, actes (ou plans-séquences) par actes. Nous allons pouvoir développer un scénario AR.


Nous sommes encore dans les généralités, nous allons donc nous poser la toute première question aussi importante qu’incontournable à tous les projets immersifs : comment vais-je gérer ma mise-en-scène à 360° en respectant les décors/lieux réels ?


Effectivement, contrairement à l’écriture en VR, vous n’allez pas diriger le regard et l’action où vous le désirez mais plutôt à l’endroit où - votre lieu, plus vos personnages, additionnés de votre histoire - vous « obligeront » naturellement à organiser votre mise en scène.

Le scénario interactif : le multi-scénario

Comme pour la Réalité Virtuelle, je préfère que l’interactivité introduite dans la narration, c’est-à-dire la possibilité de prendre différentes voies que l’histoire multi-scénarios nous offre (par exemple), reste « transparente » et ne s’affiche pas sous forme d’interface.


On peut donc avoir des passages dans des lieux qui déclenchent des scènes, des informations provenant d’un personnage nous poussant à aller visiter un nouveau lieu, à aller dans une direction précise ou de revenir sur nos pas, etc.


Pour nous pousser à de telles actions sans les lire sur un pop-up ou une interface quelconque, soit nous suivons un protagoniste, soit un second rôle ou même une action particulièrement attractive qui attire l’utilisateur là où l’auteur a décidé de l’emmener.

Conservons-nous les « indices narratifs » vu en VR (voir article) ?

A propos de cette question, je suis totalement convaincu que les indices narratifs sont tout aussi important en AR qu’en VR.


N’oubliez pas que l’utilisateur reste son propre « réalisateur amateur » et qu’il peut, par exemple faire des gros plans avec son smartphone sur un personnage, un élément de décor. S’il est trop proche d’un élément, il peut rater une action importante de l’histoire qui se déroule hors de son champ de vision. Si vous mettez en scène des indices narratifs qui se déplacent et attirent le regard vers une action importante, vous augmenterez vos chances de diriger le POI (point d'intérêt) de l’utilisateur.

Observateur ou utilisateur concerné ?

La question de la vue « caméra » se pose aussi en AR. Sommes-nous observateur d’un événement, d’une histoire ou sommes-nous concernés par l’histoire ? Les protagonistes sont-ils des « guides » qui nous font voyager dans leur univers en nous expliquant ce qu’il s’y passe ? Ont-ils un objectif didacticiel ?


Comme en VR les deux cas sont tout à fait possibles. Dans un lieu public ou une place historique, choisir une caméra objective pour un « utilisateur-observateur » est clairement plus pratique s’il y a beaucoup de visiteurs. En effet, il est quasi impossible à une foule de suivre un guide qui s’adresserait à chaque utilisateur (caméra subjective), et de gérer la sécurité entre les personnes en train de vivre l’expérience.


Dans d’autres type de parcours, où des petits groupes peuvent être séparés, des escape games, des fictions à vivre chez soi, choisir une narration pour un utilisateur (en caméra subjective), et être interpellé et guidé dans l’aventure par un protagoniste, est plus intéressante.

Storytelling : ne jamais oublier le fil conducteur de l’histoire

Un héros, une bonne caractérisation (et une bonne écriture, bien sûr) = de l’empathie…


Pour en finir avec les généralités, un bon personnage est en toute logique bien caractérisé. Il peut donc devenir le « fil conducteur » de votre storytelling et donner un sens à votre histoire ou votre récit historique. Mais n’oubliez pas, si vous faites vraiment du storytelling, de lui opposer un adversaire, des obstacles pour créer de l’empathie (et oui, le héros doit en baver et on sera d’autant plus touché par ses difficultés…). Et plus vous créerez de l’empathie, plus votre création AR sera réussie.

Ce ne sont pas les seuls "outils" d'écriture pour créer de l'empathie, mais sur des durées courtes, comme celles que nous abordons, vous ne pourrez pas utiliser la totalité des techniques d'écriture.

Exemple

Une fiction d’auteur, une création dans les rues de votre ville.

Première étape, vous devez faire un repérage précis des lieux où se déroule votre histoire.

Je vous conseille de transformer votre séquencier en storyboard en y ajoutant les photos de notre repérage.

Attention, vous êtes responsable du déplacement de l’utilisateur dans un monde bien réel.


Réalisation

Vous pourrez modifier l’animation et les embranchements scénaristiques en temps réel au moyen de diverses interactions.

- le cadrage (votre regard/gaze effect) persistant sur une zone précise de votre décor,

- l’approche d’un personnage particulier,

- votre passage (physique) dans une zone du décor particulière,


et ces actions déclenchent des « événements »:

- une apparition d’informations sur le prochain lieu de l’histoire avec un trajet GPS afin de s’y rendre, ou une information liée à votre sécurité,

- mettre en avant, sur le plan narratif, un personnage particulier dans un embranchement précis du scénario, donc une déclinaison de votre histoire multiple,

- le déclenchement d’une scène, une action importante, des dialogues de personnages,etc.

Une fois toutes les actions bien définies, il vous reste à vérifier la sécurité, elle-même liée à la mise en scène acteurs-3D liée au lieu.


C'est tout pour cette newsletter, la semaine prochaine nous continuerons à parler de l'écriture. Sachez que vous pourrez retrouver des chapitres détaillés dans mon eBook version 2020 à paraître bientôt (gratuit pour les possesseurs de la 2019) de l'écriture en AR avec des méthodes et des techniques approfondies.

A la semaine prochaine pour la suite de cet article sur la Réalité Augmentée et la narration et pour en être informé inscrivez-vous ! A bientôt.

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now