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VR ARLES FESTIVAL Part 02 : retour sur le plus long festival VR de l'été.

Je continue de vous faire partager mes impressions sur la programmation de l'imposant VR Arles Festival qui a fermé ses portes le 31 août 2017.

 

 

 

Miyubi 2017 – Canada – 40 mn – Réal Félix Lajeunesse et Paul Raphaël

Visible sur : https://www.oculus.com/experiences/gear-vr/1307176355972455/

 

Pitch du programme VR Arles Festival : Miyubi est une comédie suivant l’histoire d’un robot japonais – un jouet personnifié par le spectateur – offert à un jeune garçon d’une banlieue américaine en 1982.

 

Oui !! Enfin, j’ai pu voir le film VR le plus long jamais tourné, en tout cas au moment de sa sortie, ce qui n’est plus forcément le cas à l’heure où je vous parle, car de nouveaux films ont vu le jour, notamment ceux qui sont présentés à la Mostra de Venise.

 

 

 

Sur le papier, Miyubi est un film prometteur. Il promet une expérience plus longue que la production VR du moment, propose un genre essentiellement abordé en animation, la comédie, et pour finir, il vous propose d’endosser le rôle d’un jouet des années 80, un robot nippon.

 

Je salue déjà toutes ces prises de risques de la part des réalisateurs, qui non seulement font avancer l’histoire du cinéma VR, mais proposent une production originale. Grâce à Félix et Paul, nous pouvons avancer que les films VR du futur dépasseront les 40 minutes et pourront même durer le temps d’un long-métrage, sans souci. Également, que l’on peut incarner un personnage non-organique, et que même en vue subjective, on reste spectateur… Je reviendrai sur le concept caméra « acteur ou voyeur », mais après réflexion et discussion avec un confrère réalisateur, nous sommes tombés d’accord sur le fait que l’utilisateur est TOUJOURS spectateur, mais en vue subjective, il est un spectateur « concerné » (les personnages s’adressent au VRonaute), mais il ne peut pas réagir selon sa volonté mais uniquement selon le rôle qu’on lui a écrit, sinon cela s’appelle un jeu vidéo… Il n’est donc pas « acteur ».

Désolé pour cette aparté, mais c’est grâce à une discussion autour de Miyubi que j’en suis venu à cette conclusion. Ce film a donc fait avancer ma vision (toujours en développement ;)) de la réalité virtuelle.

 

Revenons à l’histoire. Vous incarnez un robot tout mignon et tout neuf qui va devenir, parfois l’ennemi de quelques membres de la famille, souvent l’ami de tout le monde, et même certains personnages vont passer d’un de ces comportements à l’autre ! Vous allez vivre une année complète dans cette famille, de Noël à Noël, et être l’observateur des états d’âme de certains, le confident d’autres, mais au final, vous constaterez l’abandon de toute considération à votre égard, vous, le jouet bien-aimé.

 

La position du jouet observateur, parfois négligé, au milieu d’une famille américaine « clichée » est intéressante, et donne un point de vue où l’on se sent discret. Pour les grandes scènes de famille au grand complet, on remarque clairement le travail important fait sur la mise en scène, qui tient plus du théâtre que du cinéma, et la direction des deux plus petits enfants au sein d’une troupe d’acteurs « rodés » est remarquable.

 

Très intelligentes, les transitions entre les scènes à 360° s’accordent parfaitement avec le sujet et la narration de Miyubi. Ces transitions utilisent l’extinction du robot et son « reboot », une petite musique rappelant tous les jeux vidéo de cette époque, et un affichage pixellisé de l’état de mémoire, processeur, et de « system failure », à la façon d’un ordinateur PC vintage. Non seulement ces passages améliorent la transition entre deux scènes à 360°, mais elles apportent des infos et de l’humour dans la narration. C’est ce que j’appelle des « Indices narratifs » dans mes articles et mes cours.

 

Qu’en est-il de l’apport de la VR dans ce script précis ?? La réalité virtuelle et ses espaces à 360° nous obligent à créer des plans longs… Voire très long comme dans Miyubi. Dans le cas d’un genre comme la comédie, le rythme s’en trouve alourdi, ralenti, et c’est, à mon avis, un des premiers défauts de Miyubi. Les plans sont longs, et certains ne sont pas sauvés par l’action ou les dialogues.

L’histoire (de base, sans la mettre dans un contexte flat ou 360°) ne serait-elle pas plus intéressante ou drôle, voire aurait plus d’impact, en caméra subjective, certes, mais en cinéma flat, avec un montage plus rapide ? Oui, je sais, je ne pourrai plus regarder autour de moi et voir mes petits bras en plastique se décrépir, disparaître ou réapparaître. Hormis cet aspect anecdotique, un bon réalisateur pourrait transcender cette histoire (c’est aussi à cela que sert un réalisateur ;)) avec des plans, une direction d’acteurs et un montage adéquat. Bref, il faudrait faire le test, irréalisable dans notre cas, et d’avoir les deux films sous les yeux.

 

Je reste impressionné sur l’impact, la prise de risque et la qualité de cette production, mais beaucoup moins sur le résultat du film sur l’utilisateur, son plaisir ou son attention maintenue de façon naturelle : pourrions-nous voir ce film cinq ou six fois sans se lasser… ? Une seule fois me suffira, mais pour être honnête, j’ai quand même aimé l’expérience Miyubi !!

 

 

We Who Remain  - 2017 – Kenya & Allemagne – 15 mn – S. Wolson, T. Snapp

Visible sur : https://www.youtube.com/watch?v=d04n6aE8FOk

 

Pitch du programme VR Arles Festival (résumé) : En 2011, le Soudan du Sud proclame son indépendance après une guerre civile sanglante. Même si le peuple des Noubas à majoritairement combattu avec les rebelles du sud, il a quand même été rattaché aux populations du nord. Depuis 2012, ce peuple est la cible du président Omar el-Béchir. Plus de 4000 bombes ont été larguées sur des fermes, des marchés, des hôpitaux et des écoles. Des dizaines de milliers de Noubas ont dû fuir.

 

Vous l’avez sûrement compris, We Who Remain est un documentaire sur un sujet très sérieux, l’oppression de tout un peuple où barbarie et atrocités règnent en maîtres.

 

 

 

Il est toujours difficile de critiquer un film qui apporte autant de témoignages et qui, par essence, soutien cette communauté en informant le monde. L’utilité de ce film est indiscutable, c’est donc avec du recul et sur une comparaison documentaire classique, documentaire VR que je m’appuierai.

 

On peut discerner trois types de scènes dans ce documentaire : les témoignages des personnes, les scènes de vie des réfugiés ou rebelles, les scènes d’action de guerre. L’impact de l’immersion est différent selon les scènes abordées.

 

Les scènes d’action auprès des rebelles sont les plus immersives, car l’action, le mouvement, nous définissent en tant qu’humains et nous révèle beaucoup plus que l’immobilité ou l’écoute. Les scènes où les réfugiés se protègent dans des trous avec leurs enfants créent une étrange empathie : vous avez l’impression d’être au milieu de ces réfugiés, vous voyez de très près leurs abris rudimentaires, leurs peurs tout autant que leur courage mais… Vous n’êtes pas avec eux ! Le différentiel entre leur situation et la vôtre est trop fort. De plus l’imaginaire ne voyage pas, car nous ne sommes pas transportés dans une fiction, tout est bien réel ! Je me suis senti être un imposteur face à leur souffrance. Comment pouvoir ressentir de telles émotions, assis sur ma chaise dans ma salle climatisée…

 

L’écoute des témoignages crée sûrement plus d’empathie, mais amoindrit l’effet immersif, d’autant que dans ce documentaire, beaucoup de récits ne sont pas de type interview, mais en voix-off. Quand une voix raconte son parcours de réfugiée et que vous êtes entouré de 5 ou 6 personnes en VR qui vaquent à leurs occupations, vous finissez par donner une priorité à la voix au détriment de l’immersion car vous ne savez plus très bien qui parle… Et dans ce cas, le regard du réalisateur nous manque, son cadrage, son angle, son choix d’images, son montage.

 

Les scènes de vies des réfugiés et des rebelles (hors scènes de combat) peuvent créer de l’empathie pour certains utilisateurs ou plus simplement des informations sur les contraintes de vie des réfugiés Noubas. Personnellement et à cause des plans trop longs, trop statiques, d’une démesure de rapport de plans (parfois vous avez l’impression d’être au milieu de géants, et la différence de taille humaine brise l’aspect réaliste du film), j’ai plus retenu la part informative de ces scènes que l’empathie qu’elles auraient pu me procurer.

 

Ce documentaire a-t’il un meilleur impact en VR… ? Ses auteurs le pensent sûrement. De mon côté, je n’en suis pas certain. Est-ce un problème de réalisation en réalité virtuelle ? L’avenir nous le dira, car pour l’instant nous sommes tous en période de recherche. Et pour conclure sur la comparaison  VR/docu classique, je dirai que j’ai eu bien plus d’empathie et d’émotions en regardant des documentaires à la réalisation soignée où le réalisateur avait fait un travail important et de qualité.

 

We Who Remain est un documentaire incontournable dont le message doit être vu et diffusé en ces périodes de peur et de rejet des masses de réfugiés en Occident. L’empathie principale que dégage ce documentaire est de « planter » cette petite graine dans nos esprits : « Si j’avais à vivre une telle horreur, que ferais-je… ? »

 

 

NIGHT FALL – 2016 – France – 10 mn – Réal Jip Samhoud

Visible sur : https://www.youtube.com/watch?v=xCp4at6LE0A

 

Pitch du programme VR Arles Festival (résumé) : Entrez dans le monde fascinant où les liens entre rêve et réalité semblent disparaître. Night Fall s’inspire des célèbres « white acts » du « Lac des cygnes » et de la « Bayadère ».

 

Ce film VR était classé, dans le programme du VR Arles Festival, dans la catégorie « Créations Artistiques ». C’est clairement sa place. Un violoniste « démarre le bal(let) » et nous laisse suivre la performance des artistes (classiques). L’utilisateur se trouve immergé au milieu du corps de ballet et peut admirer tout l’Art déployé par les danseuses et le danseur.

 

 

 

On a rarement l’occasion (voire jamais) d’être aussi proche d’artistes de ballet de ce niveau. Au mieux, on pourra les voir depuis le premier rang d’un Opéra. Il est vrai que dans ce contexte la réalité virtuelle apporte tout son intérêt. C’est une expérience, inhabituelle et sans précédent.

 

Malgré tout, Night Fall, reste une expérience parmi d’autres. Elle est intéressante à vivre, mais le ballet, comme les opéras, ou même un concert restent des moments d’émotions à vivre « dans la salle », en live. C’est sûrement la raison pour laquelle cette expérience a été intéressante, mais n’a suscité chez moi que peu d’émotions et, contrairement aux autres films, m’a parue trop longue.

 

Night Fall soulève le problème des captations de performances artistiques en réalité virtuelle. La nouvelle place de l’utilisateur, sur scène pour 99% des films, est à la fois intéressante, perturbante et brise une certaine magie : celle de ne plus voir un spectacle avec une distance nécessaire, établie depuis la nuit des temps, entre « l’histoire » qui se déroule sur scène (concert inclus), et le public. Cette distance, où les spectateurs laissent aux professionnels/vedettes/stars le soin de leur délivrer leurs talents artistiques, est une « porte magique » entre les fans, les aficionados, les mélomanes et les artistes. De plus, l’expérience commune vécue dans la salle par le public, impacte sur les émotions du spectateur.

 

En VR, se retrouver si proche de son idole va plaire à une grande majorité, surtout celle qui est en adoration de la « personne » plus que de son art, la globalité de son œuvre ou son spectacle. Mais réduire les distances au point de taper sur l’épaule du chanteur, de la danseuse étoile ou du comédien, brise un mythe, celui de la « Scène ». Le public est dans la salle, le spectacle est sur la scène avec ses mystères et ses coulisses. La transformation s’opère même sur les artistes, quand ils « montent sur scène », ils passent d’humains lambda à « canal d’expression artistique ».

Se retrouver à leur côté change cette expérience. L’utilisateur fait à présent partie de la « troupe », mais il est inactif et voyeur. On se retrouve une peu à la place du pote-de-l’artiste, invité sur scène…

 

L’expérience est intéressante et le sera encore plus quand nous aurons plusieurs caméras sur scène, avec le choix de passer de l’une à l’autre selon nos envies. Je serais sûrement le premier à essayer et je ne critique pas l’intérêt de la captation en VR… Je soulève simplement une question liée à une sensation que j’ai eu avec les films de performances en réalité virtuelle et que j’ai mis du temps à comprendre. Aujourd’hui, j’ai la réponse à ma question : une captation en VR n’est pas faite pour donner l’impression à l’utilisateur qu’il est dans la salle, c’est une nouvelle expérience (à prendre comme telle) !

 

Mes articles sur les films du VR Arles Festival ne s’arrêtent pas là ! Vous retrouverez la fin de mes impressions la semaine prochaine avec Exodus, Asteroïds et Nothing Happens !

 

Tags: réalité virtuelle, 360°, VR

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