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Accords et dissonances

Je vous ai conduit au pays des analogies liées à la musique, depuis le dernier article, et je vais continuer car les similitudes sont, je trouve, de plus en plus frappantes.

Il ne s’agit pas de se dire, « Ah ! C’est amusant, cela fait penser à… ». Non, si je fais référence à la musique et à ses multiples règles, c’est bien dans un but concret, celui de nous aider à maîtriser ce langage toujours aussi balbutiant.

J’en reviens au dernier article sur le « Score de lignes narratives », mais surtout à sa deuxième partie, le « contrepoint ». Dans ce dernier, nous avions tenté de comprendre que, si l’on avait trois comédiens (ou plus) autour d’une caméra 360°, au lieu de tenter d’attirer l’utilisateur vers le POI (point d’intérêt) afin d’écouter et de voir qu’un seul personnage, nous pouvions également lui « conter » toute l’histoire ou, plus simplement, la scène en cours à trois voix :

Chaque personnage donnerait un point de vue de l’intrigue à la fois « unique et complémentaire » à celui des deux autres membres du trio. Cette idée peut paraître paradoxale, mais le VRonaute (l’utilisateur) pourrait écouter et suivre le personnage qui le séduit le plus, sans pour autant perdre le fil de l’histoire et la voir sous un certain angle…

La question est : comment écrire un « parfait » contrepoint dans l’action et le dialogue d’un comédien?

Si l’on demandait aux trois comédiens de lire le même texte en même temps, on appellerait cela un « unisson ». Comme ce ne sera jamais le cas, nous allons aborder l’analogie des « Accords » et des « Dissonances ».

En musique, à partir du moment où plusieurs instruments jouent en même temps, on parle « d’harmonie ». Ces notes, jouées par le(s) musicien(s) et écoutées par le mélomane, peuvent se nommer « accords ». Do majeur… La Mineur… Ça vous dit quelque chose… ?

Même si vous n’avez aucune notion de théorie de la musique, vous avez déjà entendu cela quelque part. D’un ami qui joue de la guitare juste pour le Nouvel An, ou sur un plateau TV de la part d’une de vos idoles de la scène musicale.

Et bien, le Do majeur, par exemple, et ce que l’on appelle un accord (majeur) parfait. C’est une superposition simple et (surtout) mathématique de trois notes qui ouvrent les portes d’une tonalité : en musique on pourrait dire que cela nous ouvre les portes d’un « monde » musical, dans notre cas c’est un « univers à 360°».

Pour certains, c’est étrange d’entendre le mot mathématique intervenir dans cette explication. Pourtant, il s’agit bien de cela, car ces fameuses trois notes ne sont pas jouées au hasard. Par exemple, elles ne sont pas contiguës. Un Do majeur sera constitué de la première note, le Do, la troisième le Mi (Ré étant la seconde), et de la cinquième, le Sol (Fa étant la quatrième), le tout dans la gamme de Do (Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si, (Do)).

Pourquoi, ne pas jouer les trois notes côte à côte, Do, Ré, Mi ? Parce que les mathématiques nous y obligent, à travers quelques lois des fréquences ainsi que la sensibilité de nos oreilles (physiologique et artistique :)). Cela crée des dissonances. Je vais arrêter maintenant le cours de musique pour revenir à l’écriture à 360° (sinon, je pourrais vous dire que l’on peut transgresser « l’affaire Do-Ré-Mi » selon certaines règles et pas dans n’importe quel style de musique, mais ceci est une autre histoire ;)).

Accords

Je dirai que la tâche est pour une fois, plus facile pour nos amis musiciens que pour nous, scénariste-VR. Aucune notion de mathématique ne peut venir à notre secours. Il va donc falloir s’inspirer du résultat, plutôt que de la théorie des accords.

Quand un accord est bien joué, bien placé, au bon moment, on dit qu’il « sonne » (bien) ! Il va donc faire preuve de créativité pour que les comportements et les mots de chacun de nos personnages « sonnent bien ».

Tout d’abord, quelles sont les personnalités qui composent notre trio (oui, nous allons rester sur la base de trois personnages, mais cela pourrait être plus ou moins). Ces personnalités sont les « instruments » et on n’écrit pas pareillement pour trois violons que pour une guimbarde, une cornemuse et un saxophone…

La ligne narrative (la partition) de chaque personnage doit être conforme :

  • à sa psychologie,

  • à l’intrigue,

  • à la scène

  • aux deux autres lignes narratives qui se jouent dans la même temporalité.

Ensuite, le mot « Accord » a son importance dans cette « équation ». Si les lignes narratives doivent « s’accorder », cela veut dire qu’elles doivent tenir un « propos » et rester cohérentes autour d’une même idée (un message moral, par exemple). Les lignes narratives sont alors dans la même « tonalité ».

Chaque scène doit être analysée comme une chanson dans un album, un « air » dans un Opéra ou un opus dans l’œuvre d’un compositeur, c’est-à-dire une partie d’un tout, néanmoins autonome dans sa mécanique. Je m’explique : le film que vous écrivez, traite de la schizophrénie et ce thème sera l’équivalent de l’album ou l’opéra. Dans les lignes narratives de la scène N°1, vous avez confronté un malade avec un de ses parents et un thérapeute, et vous l’avez écrite en accordant au mieux les comportements et dialogues de chacun. Vous êtes donc dans une « tonalité ».

Mais dans la scène N°2, vous avez placé le thérapeute en compagnie de sa femme et sa fille. Maintenant, les règles « d’Accords » de la scène N°1 disparaissent au profit d’une nouvelle « tonalité » qui traite pourtant toujours de la schizophrénie, avec d’autres personnalités (les nouveaux « instruments » de ce deuxième air)…

Et un« air » pour une scène à 360°, sous-entend un début, un milieu, et une fin... Un infime reflet du tout que constitue votre film VR.

Dissonances

En musique une dissonance est, pour faire simple, une note jouée en dehors de la tonalité dans laquelle l'ensemble instrumental joue. En musique classique c’est insupportable à entendre, en Jazz, on peut en entendre beaucoup, car le style s’y prête, mais là aussi, il y a des règles, on ne fait pas n’importe quoi !

Mais une dissonance peut se ressentir quand deux notes d’une même tonalité sont trop proches, Do et Ré contiguës, jouées en même temps par exemple. On dit qu’elles « frottent ».

Par conséquent, dans une intrigue, avec mes trois lignes narratives, comment puis-je repérer une dissonance au sein de mon trio… ?

Tout d’abord, évitez des actions et des discours qui sonnent faux dans la bouche des personnages, cela évitera tout « frottement » de base.

Évitez également de confronter une ligne narrative forte en émotions « négatives » (mort, douleur, séparation…) surtout si votre volonté est de faire ressentir cette émotion au VRonaute, avec une ligne dotée d’un humour inapproprié (un gag ou une vanne de « comédie familiale »).

Si vous désirez mélanger l'humour et ce type d’émotion, faites-le avec délicatesse et parcimonie. On peut alors utiliser cette technique dans le but d’atténuer la force de l’émotion transmise et de mettre en avant le comportement positif du personnage qui arrive à faire un « léger » trait de « détente » plutôt que d’humour.

Je viens de donner un exemple de frottement entre « émotions dures » et humour, mais les frottements peuvent exister entre deux lignes narratives incohérentes ou trop similaires. Dans une comédie, si vous faites réellement souffrir un personnage sympathique, pendant un gag ou un dénouement heureux, il y aura encore des dissonances.

Par ailleurs, les grandes différences de « tons » entre les personnages seront dissonantes. Ne transformez pas un personnage franc et direct en un sociopathe sans « filtres » dans la même scène, sauf si un vrai traumatisme a modifié son comportement (mais il faudra qu’il soit bien justifié !).

Je donne évidemment des exemples un peu « forts » et taillés à la serpe, pour être clair dans mon propos, mais une petite maladresse dans la « partition » et la mécanique d’horlogerie de votre scène à 360°, tournera de travers, et au pire, se bloquera. En écriture à 360° on ne doit pas faire n’importe quoi selon le genre d’histoire que l’on écrit.

Et si je veux entendre des dissonances ?

Si votre parti-pris est une comédie affichant un humour noir d’entrée de jeu, ou un « OVNI » bien décalé sur un thème précis, vous aurez tout intérêt à créer des dissonances ! Si ! Si ! Vous m’avez bien entendu ! Mais je ne me contredis pas… Vous venez seulement d’entrer dans le monde merveilleux du « Jazz », et dans ce style musical, il faut être un excellent musicien pour jouer des dissonances sans que cela ressemble à une fausse note. Ce qui veut dire en clair, ne vous lancez pas dans un style aussi complexe à écrire, sans avoir fait vos armes sur des genres plus classiques, ou… Soyez sûr d’être un génie dans ce style !

Conclusion

Je tiens à vous rappeler que l’écriture en « contrepoint » sur plusieurs lignes narratives n’est pas un dogme incontournable. C’est une option qui peut être utile pour enrichir votre écriture en alternant le contrôle du POI (diriger le point d’intérêt ou point d’attention avec des indices narratifs, par exemple), avec cette possibilité de regarder et écouter le personnage que l’on veut dans l’environnement à 360°. Je conseillerai malgré tout de ne pas alterner une scène POI et une scène contrepoint en permanence. Essayez d’enchaîner vos scènes, par groupes de POI et groupes de contrepoint, selon les besoins de votre histoire.

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